Mis à jour le 18.07.2019

Construction expérimentale d’une « allée couverte » mégalithique

Icône actu belge Le Préhistosite de Ramioul (Flémalle, province de Liège) vient d’achever, en cet été 2009, la reconstitution d’une petite allée couverte. Cette opération a été réalisée pour remplacer celle qui avait été construite, en 1993, à des fins expérimentales avec la participation d’un large public (voir Poissonnier B. et Collin F., 1994, Construction expérimentale d’une allée couverte mégalithique, Bulletin de la Société royale belge d’études géologiques et archéologiques Les Chercheurs de la Wallonie, no XXXIV, 1994, p. 133-143), mais qui avait du être démontée au début des années 2000 pour faire place à l’extension des bâtiments d’accueil du site.

Il avait alors été décidé que le Préhistosite, en association avec les fouilleurs du champ mégalithique de Wéris (Direction de l’Archéologie et Association wallonne d’Etudes mégalithiques), réaliserait une seconde allée couverte d’un type un peu différent cette fois — c’est-à-dire semi-enterrée et avec tumulus sur la partie arrière — dans un secteur non menacé par l’extension des infrastructures pédagogiques du parc d’animation de Ramioul. L’expérimentation a été précédée par la réalisation, à l’aide d’une pelle mécanique, des deux tranchées d’implantation des piliers latéraux, la profondeur du terrassement étant déterminée par la hauteur de ces blocs. Les orthostates, les éléments du chevet et la dalle de couverture ont été progressivement positionnés à l’huile de bras, au gré des grands événements médiatiques du Préhistosite. Le vestibule vient d’être mis en place avec des moyens mécaniques.

Malgré le recours à une pelleteuse pour une partie de la construction, de nombreuses observations liées à des considérations techniques de stabilité et de pratique ont pu être réalisées à l’occasion lors des phases de construction effectuées manuellement. On a ainsi pu montrer l’intérêt de la vidange du volume dédié à la chambre effectuée postérieurement au placement des orthostates et de la dalle de couverture. L’avantage d’un acheminement de la dalle de couverture dans l’axe longitudinal, et non transversal, du monument, depuis le chevet vers le vestibule a également été montré. Enfin, le recours à des dalles secondaires disposées de chant dans les fosses de fondation à l’opposé du bord de basculement des orthostates afin d’en faciliter la descente a permis d’apporter une explication logique à la présence de grandes dalles de calage dans les fosses d’érection de certains menhirs du champ mégalithique de Wéris.